Les plantes indispensables pour la santé des femmes

Les plantes indispensables pour la santé des femmes


Histoire de la phytothérapie dans la santé


Que le mot « phytothérapie » n’ait fait son apparition qu’au milieu du XXe siècle ne doit pas faire oublier que la pharmacopée occidentale, avant le progrès de la chimie à la fin du XIXe et le développement des médicaments modernes à base de molécules de synthèse, était exclusivement constituée de plantes dont certaines présentaient des vertus pour la santé de la femme. Contre la nervosité, l’anxiété ou l’insomnie, les vertus sédatives de la valériane étaient plébiscitées ; dans un autre registre, les propriétés anti-inflammatoires et antiseptiques de la sauge ont rendu cette plante si réputée qu’on la retrouvait dans la composition de nombreuses décoctions.

En 1941, Pétain supprime d’un trait de plume la formation et le métier d’herboriste ; les herboristeries peuvent rester ouvertes, mais ceux qui les tiennent ne peuvent prétendre au titre d’herboriste et, par voie de conséquence, conseiller les clients. En mai 1945, de Gaulle crée l’ordre des pharmaciens ; en septembre de la même année, une ordonnance ne permet qu’aux herboristes diplômés avant 1941 d’exercer. Tantôt réduites aux « remèdes de grand-mère » peu efficaces, tantôt au contraire décriées pour leur potentielle nocivité (effets allergènes et impossibilité de connaître leur dosage en principes actifs), les plantes ont moins été utilisées. 

Portée par un intérêt croissant du public pour les médecines traditionnelles ancestrales, l’herboristerie qui avait été officiellement chassée par la porte est discrètement revenue par la fenêtre – de plus en plus de pharmacies s’affichant herboristerie sur la devanture de leur officine. Quelque chose a pourtant changé : les plantes ne sont plus vendues en vrac dans des bocaux disposés sur des étagères mais en poudre et conditionnées en gélules, reléguées au rang de compléments alimentaires.

Que la phytothérapie soit à bon droit associée à de la médecine douce ne témoigne pas contre elle. Tous les maux qui nous touchent ne relèvent pas de la maladie et pour nombre d’entre eux les médicaments de synthèse sont excessifs et inadaptés. Les plantes ont des vertus prophylactiques qui, associées à une hygiène de vie idoine, s’avèrent indispensables sinon recommandées dans la prévention ou l’apaisement de certaines douleurs et indispositions. Ce serait évidemment une erreur de considérer que toutes les plantes, au prétexte qu’elles sont naturelles, sont d’une façon ou d’une autre bénéfiques à la santé – naturel n’est pas synonyme de bienfait. Même parmi les 148 plantes en vente libre en France, un surdosage ou une intoxication est toujours possible.


Le rôle des plantes dans la santé des femmes

Des plantes aux vertus reconnues, il en existe trop pour parler de toutes. Et plutôt que d’établir une liste indifférenciée de plantes et de préciser en parallèle leurs bienfaits pour la santé, partons plutôt des troubles et soucis auxquels les femmes sont exposées du fait du cycle hormonal, et indiquons quelles plantes peuvent y remédier et jouer un rôle dans la santé de la femme.


Les plantes régulant les cycles menstruels

Chaque cycle menstruel débute par les règles et celles-ci s’annoncent souvent par des symptômes dit prémenstruels : mastodynie (douleurs aux seins), ballonnement abdominal, crampes, maux de tête, fatigue, irritabilité, etc. Un arbuste, plus exactement sa baie, est réputé depuis des milliers d’années pour son rôle dans la santé de la femme, en soulageant la plupart des troubles prémenstruels : l’arbre à poivre ou gattilier. Les substances diterpéniques contenues dans ses baies, en stimulant les récepteurs sensibles à la dopamine de l’hypophyse, augmenteraient la sécrétion de progestérone par les ovaires, permettant ainsi de réguler le cycle menstruel.

Le pissenlit aide le foie à éliminer les xéno-œstrogènes, aux effets délétères sur le système reproductif, qui sont responsables des malaises digestifs associés aux syndromes prémenstruels.

Au moment des règles proprement dite, les feuilles du framboisier, riches en flavonoïdes, tanins et minéraux, sont un antispasmodique du muscle utérin, calmant ainsi les crampes menstruelles. L’agripaume est également recommandée pour sa capaciter à aider le foie à métaboliser plus efficacement les hormones impliquées dans la santé de la femme, ayant pour conséquence de soulager aussi les crampes.

En fluidifiant le sang, et grâce à ses vertus antispasmodiques, la camomille romaine calme les douleurs des règles, de la même façon que la camomille matricaire, qui soigne en plus les spasmes, crampes et ballonnements.

Pour finir, l’ortie dont les bienfaits sont connus depuis l’Antiquité, est une plante adaptogène, c’est-à-dire une plante qui aide à nous adapter aux différents changements, en l’occurrence ici les changements hormonaux impliqués dans la santé des femmes. Outre de soulager les douleurs prémenstruelles, l’ortie est notamment riche en fer et en magnésium, deux minéraux que les femmes perdent lors des menstruations.


Le rôle des plantes dans les infections urinaires

Les infections urinaires. La faible longueur de l’urètre de la femme (ainsi que sa proximité avec l’anus) signifie que les bactéries ont peu de chemin à parcourir avant d’atteindre la vessie, ce qui explique que les infections urinaires sont bien plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes et impacte par conséquent la santé de la femme. Beaucoup de plantes diurétiques, du fait de l’augmentation du volume des urines, permettent d’empêcher en partie les bactéries de se fixer aux parois des voies urinaires : le pissenlit et l’ortie, dont on a déjà parlé ; mais aussi la primevère officinale, le maté, le genévrier, le théier, la piloselle ou le bouleau. Les produits contenant de la canneberge ont longtemps été présentés comme préventifs aux cystites, jusqu’à ce qu’en 2012 les autorités de santé européennes n’interdisent cette allégation.


La santé de la femme pendant la ménopause

La ménopause. La plupart des plantes utilisées aux fins de réduire les symptômes de la ménopause – surtout les bouffées de chaleur et les perturbations de l’humeur – contiennent des phytœstrogènes, composés d’origine végétale qui agissent à la manière des œstrogènes féminins. Rentrent dans cette catégorie le soja, le trèfle rouge, l’actée à grappes noires, le houblon, le ginseng et l’igname sauvage ou Yam (Dioscorea villosa).


Comme on le voit, la phytothérapie, n’a jamais été délaissée ; elle prend juste une autre forme : celle du complément alimentaire, et trouve maintenant sa place dans les rayons des pharmacies.

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